L’hospitalité et l’accueil ⏤ Fondements philosophiques pour une société inclusive

Dans un passage du livre du Lévitique, l’auteur biblique propose plusieurs éléments essentiels pour remplir l’appel comme peuple de Dieu à accueillir les personnes étrangères. Il s’agirait d’éviter la maltraitance et traiter ces gens comme nous-mêmes. Bien que l’histoire de la colonisation en Amérique du Nord remonte à plus de 400 ans, l’invitation qui nous est faite ici est celle de la mémoire ; « vous l’aimerez comme vous-même, car vous avez été étrangers… ». Ceci dit, si l’église est un lieu, on pourrait dire qu’elle en est un d’accueil vu la croissante multiethnicité de nos milieux. Mais l’église est, d’abord et avant tout, une communauté. Pour ces gens qui œuvrent dans les milieux agricoles et dans d’autres milieux difficiles où on ne compte pas les heures ni son confort, il faut que l’église soit plus qu’un lieu. Elle doit être une communauté là où ils sont.

Yanie Pierre-Jérôme et Jeremy Favreau discutent avec Martin Bellerose, professeur de l’Institut d’étude et de recherche théologique en interculturalité, migration et mission (IERTIMM), de la notion biblique de la philoxénie. Elle consiste en l’amour de l’étranger, son accueil et notre hospitalité. Les questions d’interculturalité et de migration ne sont pas seulement d’ordre politique, économique, social ou académique. La manière dont nous traitons les êtres humains les plus vulnérables et celle par laquelle nous nous responsabilisons renvoient à notre appel humain et chrétien. En tant que chrétiens, comment devons-nous comprendre les nuances entre ces deux approches et voir notre appel à incarner l’évangile face à cette question d’actualité ?