Il y a quelques semaines, nous avons invité les abonnés de notre page Facebook à répondre à un questionnaire portant sur les perspectives de chrétiens québecois en contexte pandémique. Vous êtes nombreux à nous avoir répondu. Merci!

Nous vous partageons ici quelques-unes des réponses qui nous ont le plus touché dans le but que nous puissions prendre conscience des différentes façons que les gens ont vécu leur foi pendant la pandémie.

Nous avons choisi d’aborder ce sujet car cet automne, le congrès Convergence se penche sur le sujet de la polarisation et sur comment nos expériences et perspectives différentes (et même divergentes) peuvent contribuer au bien commun. Si les chrétiens ne savent pas reconnaître l’image de Dieu qui existe dans tout être humain et chercher la réconciliation entre eux, comment peuvent-ils apporter la réconciliation à la société?

Alors écoutons-nous…


Femme, 15-25 ans, Laurentides, Design graphique

Je travaille à la maison, je passe la semaine seule. Aller à l’église le dimanche c’est ma grosse sortie de la semaine, je rencontre les gens par zoom beaucoup plus.

[La pandémie a affecté ma foi] comme une claque au visage. Ça a été un moment de réveil dans ma relation personnelle avec Dieu. J’ai pris des décisions par rapport à mon culte personnel, à ma façon de passer du temps avec Dieu.

J’ai des amis qui croient que le vaccin est la marque de la bête, alors ils sont troublés que j’aie pris le vaccin. Les discussions sont toujours centrées sur ces sujets et j’ai l’impression que tous mes amis vivent de plus en plus dans la peur que la liberté en Christ.


Homme, 60 – 80 ans, Québec (la capitale), Pasteur retraité

Pendant la pandémie, Ma vie spirituelle a été à la foi fortifiée et assoupie par le manque d’action et de service…

On a beaucoup « tiré sur l’ambulance » en critiquant les décisions prises par les autorités, ici comme ailleurs. Je veux croire qu’elles ont fait de leur mieux avec les éléments dont elles disposaient, avec l’énorme frustration pour elles comme pour nous de devoir « naviguer à vue » comme dans le brouillard, au fur et à mesure que l’on a appris à connaître un peu mieux le virus.

J’espère que j’ai pu avoir un impact auprès des autres chrétiens en étant rassurant et encourageant par une certaine sérénité sans toutefois être naïf quant à la gravité de la situation. C’est en tout cas ma prière!

Ma foi  m’aide à garder « la tête froide », à rester confiant, sachant que Dieu reste souverain et en contrôle de nos vies et de nos situations.


Femme, 25-40 ans, Estrie, Maman à la maison

J’ai un manque cruel de relations sociales.

Je trouve que tout est trop exagéré par rapport aux risques.

Le manque d’échanges avec d’autres chrétiens sur le sujet a nuit à ma foi.


Homme, 25-40 ans, Montréal, Communications

Depuis la pandémie je vie plus de solitude. Cela me fait apprécier plus les moments passés avec mes amis et avec ma famille en présentiel.

Ma foi a progressé, mais pas comme je l’aurais imaginé. Je dirais que la distance avec l’Église locale m’a fait réaliser ce que je veux vraiment comme communauté et ce que l’Église devrait être. J’ai tout de même été assez bien entouré de frères et de sœurs dans la foi qui m’ont encouragé.

Les mesures sanitaires sont de bonnes choses. Je crois tout de même qu’il faut questionner un peu où  tout ça mènera.

J’ai eu des débats sur le sujet avec des chrétiens de mon entourage. Ce qui est bon. Mais rapidement ça peut mal finir.


Femme, 25-40 ans, Montérégie, Enseignement

Dans toutes les sphères de ma vie il y a eu du changement : vivre ma foi en solo, gérer tous les congés de dernière minute à cause de petits nez qui coulent avec nos enfants, une hausse significative dans le temps demandé par le travail de mon mari, perdre de vue plusieurs de nos amis…

Je pense sincèrement que le gouvernement fait de son mieux pour gérer la crise sanitaire avec toutes les informations qu’ils ont. Évidemment ils font des erreurs. Je pense quand même que m’y soumettre est ce que Dieu me demande, malgré les incohérences et frustrations et embûches que cela entraîne.


Femme, 25-40 ans, Rive sud de mtl, Travail Social

Je suis monoparentale et avec la pandémie l’isolement n’a pas été facile. Ma foi a été ébranlée, oui, comme s’il n’avait plus rien pour le futur.

Je suis d’accord pour certaines mesures mais pas  d’insister et d’harceler pour se faire vacciner comme si c’était la seule solution, le passeport est une discrimination.

Plusieurs chrétiens sont vaccinés et ne comprennent pas ma position. Ce n’est pas facile…


Homme, 40 – 60 ans, Estrie, Opérateur

Personnellement, je crois que tous devraient être libres de choix.  On est au courant qu’il y’a pandémie, nous sommes adultes MAIS on est traités comme des enfants

La parole de Dieu dit j’ai mis la vie et la mort devant toi.   Le plus important pour moi c’est ce que Dieu nous répond CHOISIS LA VIE et je pense quand t’en que Chretien nous avons l’obligation de respecter les choix des autres 🙏🙏

Beaucoup de gens dans ma vie n’ont pas choisi comme moi et je vais les AIMER plus 💖


Femme, 40 – 60 ans, Laval, Affaires

Mes activités régulières de divertissement ont été coupées. J’ai vécu une augmentation de stress et d’anxiété.

Ma foi m’a permis d’accepter le vaccin sans peur malgré le manque d’information. Ma foi me permet aussi de respecter l’opinion d’une personne réticente même si je ne vois pas les choses de la même manière, et de refuser ou de remettre en question les mesures d’exclusion – ma foi me force à voir l’humain derrière l’opinion.

Mes interactions avec les autres chrétiens ont été légèrement affectées. Je résiste encore aux rassemblements de grand groupe dans les églises où le taux de vaccination est faible.


Homme, 25-40 ans, Montérigie, Milieu scolaire 

Dans ma foi, je m’accroche, disons. Mais le fait de cheminer seul, de ne pas avoir accès à mes frères et sœurs en Christ sur une base régulière et d’être constamment loin des autres pèse beaucoup sur mon moral et ma fidélité envers le Christ.

Quant aux mesures sanitaires, au début, j’y adhérais pleinement. J’ai pris mes deux doses de vaccin pour recommencer à vivre. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Je suis donc profondément tanné de ces mesures et je commence à les trouver frivoles et inutiles.


Femme, 60 – 80 ans, Beauce, Retraitée

Je me suis privée de visites, vécut de l’inquiétude face à l’avenir et j’ai l’impression d’être prisonnière .

Il fallait faire quelque chose au début, parce c’était un inconnu…mais ça s’est vite transformé en power trip d’un gouvernement…et en mesures plus politiques que sanitaires…on a puni « les récalcitrants » par des amende, des couvre feu inutiles et plein d’autres choses…et on est en train de nous obliger à prendre un vaccin contre notre volonté…j’ai perdu confiance dans nos dirigeants