Bien plus qu’une simple salutation, le shalom illustre la volonté de Dieu de voir la justice se répandre équitablement à l’égard de tous les membres de la communauté.

C’est vraiment un plaisir pour moi d’être parmi vous cet après-midi. Je vais parler d’un récit biblique qui n’est pas souvent mentionné, mais je crois que c’est vraiment très important et on le trouve dans la Bible. Et je ne suis pas du tout experte. Mais je vais parler un peu de ce que j’apprends ces temps-ci. Je vais parler du concept de shalom. Peut-être que la plupart d’entre nous connaissent ce mot, principalement comme une salutation parmi les juifs. Shalom, en fait, est un mot hébraïque qu’on rend le plus souvent en français par le mot paix. Mais en fait, le mot shalom a un sens beaucoup plus profond. Il n’existe pas un mot seul équivalent en français. Les dérivés du mot shalom sont entièreté, achèvement, bien-être, plénitude, intégrité, santé, sécurité, tranquillité, prospérité, harmonie. Il y en a beaucoup plus, comme absence d’agitation ou de discorde. Vous voyez, c’est un mot bourré de sens. Le mot shalom sous toutes ses formes apparaît fréquemment dans la Bible. Il est utilisé près de 400 fois dans l’Ancien Testament. Dans le Nouveau Testament, le mot grec équivalent est eirènè. Le mot eirènè est utilisé plus de 90 fois dans le Nouveau Testament.

Alors, dans la Bible, lorsque le mot shalom est employé comme une salutation, il s’agit d’une bénédiction pour le destinataire et un souhait pour des relations justes dans la communauté. L’un des concepts centraux du shalom est que nous sommes tous connectés, que notre paix dépend de la paix de l’autre. L’intention de Dieu pour le monde est que nous soyons tous interconnectés et jouissants de bonnes relations entre nous.

Alors, où est-ce que nous voyons le concept de Shalom dans toute sa plénitude? Dans le jardin d’Éden. Une auteure du nom de Lisa Sharon Harper dit la chose suivante, elle dit: « Dans le jardin d’Éden, Dieu a créé un monde de relations interconnectées et débordantes d’une bonté active. » On voit cette bonté dans le jardin, dans les relations entre l’humanité et Dieu, entre l’humanité et soi-même, entre l’homme et la femme et entre l’humanité et le reste de la création. Tout était très bon, au début. Tout était caractérisé par le mot shalom. Cependant, comme nous le savons et voyons, le péché a tout brisé. Dans le reste du livre de Genèse, on voit comment le shalom est perdu dans toutes les relations, à chaque niveau de la création. Mais ce qu’on voit aussi tout au long de l’Ancien Testament, c’est que Dieu appelle son peuple à retourner au monde qu’il avait prévu, un monde de shalom où les relations sont caractérisées par l’harmonie, la paix et la plénitude. On voit ça à travers l’histoire des israélites. On voit ça à travers quand il y a institué le sabbat ou l’année du jubilé. On voit ça aussi à travers les prophètes. Dieu a dit à son peuple, encore et encore, de revenir au shalom, une façon de vivre en société où chaque membre de la communauté expérimente son amour, le repos et le bien-être, en raison du fait que tous respectent ses principes de droiture et de justice.

Dans le Nouveau Testament, nous voyons l’accomplissement ultime du shalom à travers la vie de Jésus. Il est non seulement celui qui apporte le shalom, il est lui-même le shalom. Dans Éphésiens chapitre 2, verset 14, c’est écrit, « car lui-même est notre paix. » Sa mort et sa résurrection ont ouvert la voie à la restauration de tous les torts et toutes les relations. Nous le voyons à travers sa vie. Jésus montre l’amour de Dieu en franchissant les barrières de la culture, la classe et l’ethnicité. Jésus interagissait avec les lépreux, les femmes, les riches, les vulnérables et les opprimés. En Christ, on voit le début du renouvellement de toutes choses. Il est venu rétablir le shalom. Mais quand nous regardons le monde aujourd’hui, dans les deux dernières années en particulier, nous ressentons encore les effets du péché. Tout autour de nous, nous voyons des gens brisés. Nous voyons des gens avec une relation brisée avec Dieu. On voit des conflits et de l’abus dans les familles. Nous voyons aussi le sexisme, le racisme et la pauvreté. Nous vivons sur une terre qui souffre des effets de la pollution et de la négligence. Nous sentons profondément que les choses ne sont pas ce qu’elles devraient être.

Ce à quoi nous aspirons, c’est le royaume de Dieu. Nous, aspirons au shalom. Je crois que Dieu a ancré profondément dans chacun de nous ce désir, mais je ne crois pas que c’est juste un rêve utopique. Lorsque nous lisons l’Apocalypse, nous savons qu’un jour, le shalom sera entièrement rétabli. Nous attendons ce jour avec impatience, mais ce jour n’est pas encore arrivé.

Alors, qu’est-ce que ça signifie pour nous aujourd’hui, en tant que disciples de Jésus, dans cet entretemps où nous attendons l’accomplissement de son royaume et la plénitude du shalom? Premièrement, il est important de se rappeler que Dieu nous invite à nous associer à lui pour apporter le shalom au monde. Il dit que nous sommes des ouvriers avec lui. Alors, ceux d’entre vous dans la ministère qui aident les gens à se réconcilier avec Dieu, apportent le shalom. Ceux d’entre vous qui travaillent dans le domaine médical et qui aident les gens à guérir physiquement, émotionnellement et mentalement apportent le shalom. Et pour nous autres, que nous soyons ingénieurs, mères à la maison, comptables, avocats, activistes, si notre but c’est de restaurer la justice, on fait partie du shalom. Chaque fois qu’on essaie de rétablir les relations comme Dieu le voulait, on fait partie du shalom.

Mais deuxièmement, je dirai que nous révélons que nous vivons le shalom de Dieu à travers la façon dont nous traitons les personnes les plus vulnérables parmi nous. Nous devons nous rappeler que le shalom est toujours mis à l’épreuve parmi les personnes en marge d’une société, par la façon dont nous traitons les faibles, les démunis, les vulnérables et les opprimés. Une société soucieuse du shalom prendra soin des plus marginalisés parmi eux. Randy Woodley, qui est un théologien autochtone, qui est aussi mon professeur, a écrit ceci dans l’un de ses livres: « Le shalom est communautaire, holistique et tangible. Il n’y a pas de shalom partiel ou privé. Toute la communauté doit expérimenter le shalom où personne n’expérimente le shalom. » L’intention de Dieu est que toutes les relations prospèrent. Donc, le shalom ne peut pas être expérimenté dans sa plénitude s’il y a encore des membres de notre société qui font face à l’injustice. Nous voyons tout au long des Écritures que Dieu accorde une attention particulière aux personnes marginalisées. Dans l’Ancien Testament, si vous regardez attentivement, vous remarquerez à quel point Dieu se soucie de la justice, au soin des veuves, des orphelins et des étrangers. C’est aussi intéressant que Jésus est né parmi un peuple opprimé dans une ville insignifiante, et lui-même vivait parmi les étrangers, les opprimés et les pauvres.

Mon mari et moi, nous avons trois garçons, alors ça bouge pas mal chez nous. Mais lorsque chacun d’eux est né, nous étions tellement excités de partager la bonne nouvelle avec les gens les plus importants dans nos vies. Alors, on a appelé nos parents, nos sœurs et nos frères et nos meilleurs amis. Nous avons appelé tous les gens parce qu’on avait tellement hâte de partager cette nouvelle. C’était les gens les plus importants. Quand vous considérez la naissance de Jésus, à qui Dieu l’a-t-il annoncé en premier? Quelles étaient les personnes les plus importantes sur sa liste? Les bergers et les mages. Les bergers représentent l’échelon inférieur de la société et les mages, les étrangers culturels et religieux. Ils étaient les personnes les plus importantes sur sa liste. Si nous suivons Jésus et nous appelons enfants de Dieu et voulons expérimenter le shalom dans notre vie, nous devons prendre soin des pauvres, des démunis, des opprimés et des étrangers aussi dans notre société. Je vais terminer avec ceci. Je pense que le fait que vous et moi nous soyons ici aujourd’hui signifie que nous voulons contribuer au shalom de notre ville et de notre province. Nous ressentons profondément que les choses ne sont pas ce qu’elles devraient être. Mais regardons l’avenir avec espérance, sachant que Dieu nous invite à le rejoindre pour apporter le shalom à ceux qui nous entourent. Regardons l’avenir avec joie, sachant que nous le faisons ensemble et avec lui. Merci.