Le dialogue n’existe que lorsqu’on se dit la vérité

De nos jours, il semble que nous soyons obligés de prendre position sur un peu n’importe quoi. Sur les réseaux sociaux, nous sommes sans cesse appelés à « aimer »  les dires de nos amis et connaissances, ainsi que leurs plus récents projets. Nous devons aussi republier le contenu qui est actuellement « in » le plus rapidement possible pour nous montrer à l’affût des tendances du jour. Qu’on l’ait lu ou non.

Telle est notre réalité actuelle. C’est ainsi que se fait une bonne partie de nos « communications ». Néanmoins, nous préférons garder nos distances par rapport à toute affirmation qui pourrait nous isoler de la majorité, surtout en ce qui a trait aux questions plus profondes, qu’elles soient personnelles ou existentielles.

S’exprimer de son fond

Pourtant, ce dont notre société a le plus besoin aujourd’hui, c’est de personnes qui vivent et s’expriment de leur fond, sans se soucier de ce que peuvent penser les autres. Ce n’est pas que je veux encourager le narcissisme ou l’insouciance envers les autres (je ne cherche pas à encourager les trolls…), mais si nous voulons un jour être connus pour qui nous sommes réellement, nous allons devoir commencer à nous exprimer selon la vérité nue de nos convictions.

Ce dont notre société a le plus besoin aujourd’hui, c’est de personnes qui vivent et s’expriment de leur fond, sans se soucier de ce que peuvent penser les autres.

Permettez-moi de vous donner un exemple personnel : je crois qu’il existe un sens à la vie, une destination à nos parcours et des conséquences temporelles et éternelles à nos choix. Comment est-ce que je fais pour m’exprimer ainsi, sans équivoque? La réponse : j’ai la foi. Est-ce réellement si extraordinaire? De nos jours, oui. Mais ma foi chrétienne est pour moi fondamentale. C’est elle qui me permet de me comprendre dans ce monde et de rechercher le bien de ceux qui m’entourent. Sans ce fondement, je n’ai aucune assise pour mon avenir.

De plus, le fait de professer ma foi, bien que la déclaration d’une foi quelconque soit impopulaire et le plus souvent mal comprise dans la culture québécoise aujourd’hui, peut ouvrir la porte à des discussions très intéressantes. Et importantes. À tout le moins, cela me permet d’être vrai, au lieu de simplement réitérer les opinions les plus en vogue.

Dialoguer dans le respect

Notre culture a besoin d’avoir des discussions vraies et honnêtes, provoquées par une saine curiosité et menées dans le respect. Cela me fait penser à un épisode du podcast Spart 30 que j’ai écouté récemment, où un individu (né après 1980) qui professe la foi chrétienne fut interviewé simplement en raison de ce fait étrange. Ce qui est le plus intéressant, c’est la façon dont l’épisode vint à voir le jour.

Notre culture a besoin d’avoir des discussions vraies et honnêtes, provoquées par une saine curiosité et menées dans le respect.

Lors d’un épisode antérieur du podcast, l’animateur, Hugo Mudie, dit quelques paroles qui tombèrent dans l’oreille de Simon Nadeau, le chrétien interviewé en question. Hugo dit ne pas croire qu’il existe des Québécois de souche nés après 1980 qui puissent encore avoir la foi aujourd’hui. Il ne fit pas cette déclaration par malice ou mépris, mais plutôt par curiosité. C’était simplement ce qu’il pensait être le cas.

Lorsque Simon entendit ces paroles, c’était comme si un élan existentiel le poussait à déclarer : « Yo, j’existe. » Ce qui n’est pas surprenant en soi. Ce qui est surprenant, c’est le fait qu’il ne se sentit pas attaqué, ni offensé, ni ne garda-t-il le silence devant ce qui était une sorte d’interrogation lancée au grand public par Hugo. « Êtes-vous là? » demanda-t-il. Et quelqu’un répondit : « Oui, je le suis. »

C’est ainsi que quelques semaines plus tard, Hugo invita Simon à participer au podcast pour parler de son expérience en tant que chrétien ayant grandi au Québec. Deux hommes honnêtes et respectueux, bien qu’ils aient des points de vue différents sur un sujet « difficile », purent se parler de leurs histoires et chacun d’eux en sortit ayant, au minimum, appris quelque chose par rapport à un autre être humain qui lui était inconnu seulement quelques semaines auparavant. Cette histoire, magnifiquement humanisante, est simplement le fruit d’une question authentique et d’une réponse honnête. Rien de plus.

Donner des réponses honnêtes

Nous avons besoin de poser de bonnes questions et de donner des réponses honnêtes. Nous avons besoin de nous voir et surtout de nous écouter les uns les autres. Nous avons besoin de chercher à nous comprendre les uns les autres et d’apprendre à apprécier nos différences. Nous avons une responsabilité les uns envers les autres, et cette responsabilité c’est de permettre à l’autre personne d’être qui elle est. Et nous avons le droit de nous attendre à ce que l’autre fasse de même à notre égard.

Nous avons une responsabilité les uns envers les autres, et cette responsabilité c’est de permettre à l’autre personne d’être qui elle est. Et nous avons le droit de nous attendre à ce que l’autre fasse de même à notre égard.

J’ai la foi. Je suis chrétien. Sans cela, la vie n’a pas de sens pour moi. Je souhaite que vous puissiez faire l’expérience d’une relation comme celle que j’entretiens avec Jésus (oui, je crois qu’il est vivant) parce que cette relation est pour moi la meilleure chose que j’aie jamais trouvée. Mais je veux aussi entendre votre histoire. Je veux savoir ce qui vous donne l’espoir, ce qui donne un sens à votre vie ou pourquoi vous pensez qu’il est bon de vivre sans prétendre trouver un sens à celle-ci. Je veux que nous puissions dialoguer et, surtout, nous écouter les uns les autres. Je veux que nous puissions rechercher ensemble le bien de nos communautés. Je veux que nous puissions retrouver le bonheur de vivre en communauté, de nous regarder dans les yeux et de reconnaître notre commune humanité, de nous parler franchement les uns aux autres sans crainte d’être rejetés.

Suis-je un pauvre romantique, aspirant à une utopie irréalisable? Non. Je suis chrétien. Je crois que nous sommes tous faibles et brisés et coupables de péchés. Mais je crois aussi que nous sommes, tout un chacun, aimés plus que nous sommes en mesure de le réaliser. Et je crois que la restauration, de nos vies comme de notre société, est à notre portée.

Qu’en penses-tu? Serait-il temps pour toi de t’exprimer?

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