Le 30 septembre 2021 marque la première journée nationale de la vérité et de la réconciliation au Canada. Il s’agit d’une journée pour souligner les abus du passé, perpétrés à l’égard des peuples autochtones partout au pays, mais aussi pour prendre conscience des préjugés qui persistent au sein de la population majoritaire et des injustices qui doivent encore être adressées.

Les chrétiens, plus que qui que ce soit, doivent se sentir interpellés en cette journée. Notre foi nous appelle à aimer la justice et à chercher la réconciliation. Notre Seigneur et Sauveur nous enjoint non seulement à faire aux autres ce que nous voudrions qu’ils fassent pour nous, mais à aimer comme il nous a aimés, à renoncer à nos « droits » et à notre confort si cela peut contribuer à élever la condition des personnes écrasées et marginalisées. À nous donner pour notre prochain comme il s’est donné pour nous.

« La religion pure et sans tache devant Dieu notre Père, nous dit l’épître de Jacques, consiste à s’occuper des orphelins et des veuves dans leur détresse et à ne pas se laisser souiller par le monde. » (1.27) Dans nos actions passées et notre insouciance présente, nous avons dans bien des cas été pires que « le monde ». Notre « religion », qui devait contribuer à la guérison des coeurs et des corps, à la libération des captifs et à l’établissement d’un royaume de justice, a dans bien des cas fait tout le contraire, et ce faisant a sali le nom de Dieu pour tout un peuple.

« Les chrétiens ont aussi fait de bonnes choses… » Oui, certainement. Mais ce n’est pas le temps de défendre nos bons coups. C’est le temps de se responsabiliser, et de faire ce qui est en notre pouvoir pour élever ceux qui souffrent d’injustice.

Que faire, alors? Avant tout, il nous faut écouter et apprendre. Bien que cette journée est en soi une étape positive, certaines personnes autochtones ont peur que la population canadienne en profite pour se laver les mains de toute responsabilité pour le travail qui reste à faire. Comme le dit Riley Yesno, dans son entrevue avec Radio-Canada, « une fête nationale ne donnera pas accès à l’eau ou des infrastructures aux Autochtones, choses qui sont réellement nécessaires pour la réconciliation. »[1]

En cette journée, je vous invite à faire comme moi, un coresponsable des injustices dans notre pays. Je vais me coucher ce soir moins ignorant de l’histoire des abus perpétrés envers les peuples autochtones dans les pensionnats indiens. Je vais m’instruire sur les peuples qui résident dans ma région du Québec et à travers la province. Je vais aussi passer aux actes: donner mon temps, mon argent, joindre ma voix… je vais faire ces choses parce qu’il s’agit de la seule réponse légitime à ma foi.

Voici quelques ressources pour apprendre plus sur l’histoire des pensionnats indiens au Canada et sur les injustices qui persistent dans plusieurs communautés autochtones:

Le Centre national pour la vérité et la réconciliation


La Commission de vérité et réconciliation du gouvernement du Canada


Organismes desservant les peuples autochtones sur CanaDon.org


Dossier: Journée nationale de la vérité et de la réconciliation – Radio-Canada


Carte « Native Land » qui permet de découvrir les territoires ancestraux des différents peuples autochtones à travers le monde


  1. https://ici.radio-canada.ca/journee-nationale-de-la-verite-et-de-la-reconciliation/contenu/document/nouvelles/article/1828061/verite-reconciliation-reflexion-autochtones