Premier article de la série

Redécouvrir le carême : une saison pour renaître


Si je te demandais de me dire ce qui est le plus important pour toi, que me répondrais-tu? Si je te demandais ensuite ce qui détermine le plus ton horaire, serait-ce la même chose?

Pour ma part, plus ma famille grandit, plus je me rends compte de mon besoin d’organisation. Mon épouse et moi partageons depuis longtemps un calendrier Google, mais cet outil n’aide pas mes enfants qui ont besoin de visualiser la répartition des jours de la semaine et des mois dans l’année. Nous avons donc acheté un de ces grands calendriers aimantés qui prend tout le haut du réfrigérateur. Facile à consulter, nous le remplissons des informations que nous voulons à tout prix ne pas oublier.

C’est là que je me suis rendu compte d’une chose intéressante et, pour être honnête, un peu troublante. Les rendez-vous divers, les fêtes, les sorties et les activités sportives y trouvent tous leur place, bien naturellement. Mais aucune de ces choses n’est ce que mon épouse et moi avons déterminé être de première importance pour notre famille, c’est-à-dire être une famille qui se sait aimée de Dieu, qui aime Dieu en retour et qui déverse cet amour sur les autres. En d’autres mots, avoir une foi vivante et active.

Le danger, c’est de percevoir les disciplines spirituelles comme des activités supplémentaires à ajouter aux choses essentielles de la vie.

Bien sûr, cette absence pourrait vouloir dire que nous avons si bien intégré les pratiques spirituelles à nos vies que nous n’avons maintenant plus besoin de ce genre de rappels! Malheureusement, ce n’est pas encore le cas pour nous. Bien que nous allions à l’église le dimanche sans avoir besoin de rappels hebdomadaires, les disciplines spirituelles comme la prière et l’étude biblique en famille ne sont pas aussi solidement ancrées dans nos habitudes.

Mais le danger réel n’est pas d’oublier de pratiquer ces choses. Le danger, c’est de percevoir les disciplines spirituelles comme des activités supplémentaires à ajouter aux choses essentielles de la vie : « Si nous trouvons le temps de prier ensemble, cela nous fera du bien, mais si nous n’avons pas le temps, ce n’est pas si grave. » En revanche, si nous manquons une pratique de hockey, au contraire, cela pourra entrainer plein de conséquences négatives que nous ne pouvons pas nous permettre. C’est pourquoi nous le mettons au calendrier. Ce que nous inscrivons au calendrier permet de déterminer facilement nos vraies priorités.

Ce que nous inscrivons au calendrier permet de déterminer facilement nos vraies priorités.

Les chrétiens de notre génération ne sont pas les premiers à prendre conscience de ce fait. C’est pourquoi, dans le lointain passé, nos prédécesseurs dans la foi ont conçu le calendrier chrétien (ou liturgique) pour remédier à ce problème précis.

Les vestiges de ce calendrier se retrouvent encore sur nos calendriers modernes, avec notamment les fêtes de Pâques et de Noël. Mais rares sont ceux qui possèdent une compréhension adéquate des importantes périodes préparatoires qui accompagnent ces fêtes. Le carême et l’avent sont des périodes dans l’année mises à part pour chercher la face de Dieu et pour renouveler notre engagement à faire des pratiques spirituelles une priorité. De plus, elles nous préparent à expérimenter la pleine signification des grandes fêtes auxquelles elles conduisent.

Pendant cette saison de carême, nous te proposons une série consacrée à cette période de préparation pour Pâques, la plus grande de toutes les fêtes chrétiennes. Nous examinerons des sujets tels le silence, l’abnégation et la pénitence… des thèmes qui divergent tant des valeurs de notre société consumériste moderne! Mais ces choses sont précisément ce dont nos âmes ont le plus besoin.

En guise de préparation, je t’encourage d’abord à te procurer un calendrier et à y inscrire dans le haut ce que tu désires plus que tout pour ta vie ou celle de ta famille. Tu peux commencer par inscrire des valeurs telles que « l’authenticité, la générosité et la prière », et tu verras que d’ici peu de temps, tu seras en mesure de résumer ton objectif pour une vie spirituelle intentionnelle en une seule phrase. Inscris cette phrase sur chaque nouvelle page du calendrier à mesure que les mois s’ensuivent. Assure-toi ensuite de mettre ce calendrier en pleine vue afin de méditer souvent sur ton objectif.

Puis pendant le carême, mets à part un temps pour prier et méditer sur la Parole tous les jours. Lis l’un des évangiles et prends ensuite un moment de silence. Permets à Dieu de te parler, et mets en pratique ce que tu as lu dans la Parole ou ce qui te sera venu à cœur.

Dans quelques jours, ce sera le mercredi des Cendres, le premier jour du carême. Avant cette journée et pendant les 40 jours qui suivront, nous publierons plusieurs articles sur le sens du carême et sur comment nous pouvons profiter de ce temps pour nous approcher de Dieu et établir des disciplines spirituelles personnelles. Avant de réinventer la roue, redécouvrons ensemble un outil qui a servi à nos ancêtres dans la foi depuis plus d’un millénaire. Nous souhaitons que ces articles puissent t’aider à incorporer les pratiques spirituelles au centre de ta vie tout au long de l’année.

Cet article a été publié pour la première fois en 2016 sur focusfamille.ca.

Série

Redécouvrir le Carême : une saison pour renaître

Article 1

Une vie spirituelle intentionnelle

Article 2

La poussière ne se fait plus aucun souci

Article 3

La conversion : transformation de l’être intérieur

Article 4

Restaurer les profondeurs de son âme – partie 1

Partie 5

Restaurer les profondeurs de son âme – partie 2